Présentation

Derniers Commentaires

Chutes

Dimanche 3 mai 2009
La terre est si sèche qu’elle craque, peut-être que le sol s’émiette dans le vide, peut-être que nous allons y sombrer aussi.

J’ignore depuis combien de temps nous marchons, sans eau ni nourriture. Le soleil brûle le monde. Les bébés ne pleurent plus, tout le monde se tait. Certains tombent, souvent ils sont morts.

Mon frère a éclaté de rire, puis s’est écroulé. Il n’a plus bougé. J’ai pensé à le manger.

Personne ne sait où nous allons.
Par Jan Bardeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009
Matthieu ne sort que la nuit. Il fait ses courses dans de petites épiceries. On le remarque à peine, la lumière le blesse. Il se fond dans l’ombre, tête basse, regard absent.

On ne sait pas de quoi il vit. Avant le décès de Cynthia, Matthieu était ingénieur.
Par Jan Bardeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009
Les téléscopes s’améliorent chaque année. Pourtant, malgré une pratique menée jusqu’à la retraite dans tous les observatoires du monde, je ne suis jamais parvenu à distinguer les gens qui vivent derrière les fenêtres allumées si loin dans l’espace.

Alors, du haut de ma tour, j’ai entrepris de cartographier les étoiles de la ville.
Par Jan Bardeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009
Minori se hâte de rentrer du travail : il lui tarde de quitter ce costume qui l’étouffe la journée. Elle range ses vêtements, et les oublie. Minori a des bonsaïs, elle leur parle, et les arbres s’épanouissent. Parfois Minori fait la folle, elle vide son armoire, se livre à d’interminables séances d’essayage, puis elle se lasse, insulte ce miroir qui lui ment.

Minori sort ensuite, elle bondit, elle rit, Minori, si jolie. Elle ne rentre que tard, fatiguée, toujours seule, car personne jusqu’alors n’a pénétré chez Minori.
Par Jan Bardeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009
Le soleil la sèche, le tangage la berce, de l’eau clapote au fond de la barque. On sent le parfum de la végétation, la note épicée des pins. Elle garde ses mains sur son ventre, parfois essuie d’un coin de serviette de ce lait qui coule déjà. Il bouge, cette présence étrangère qui se meut en elle, cet hôte qu’elle distingue mal d’elle-même. Et puis, les jambes lourdes, le dos douloureux, elle ne regrette pas. Elle touche son ventre, elle le caresse, elle écoute battre son propre cœur et imagine l’enfant, attentif dans son enveloppe de placenta. Elle se frôle des doigts, effleure son ventre, et puis plus bas, et offre son plaisir, ses paroles et ses cris au bébé à naître.
Par Jan Bardeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Publicité

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus