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  • : Jan Bardeau
  • chroniquesdubardeau
  • : Homme
  • : Bourgogne Dijon
  • : Poète médiocre, ami infidèle, fils et frère irrégulier, employé désinvolte et collègue hypocrite, Jan Bardeau a élu domicile au fond d'une bouteille, une bien bien belle bouteille.

Lorsqu'une ânesse se laisse séduire par un cheval, la jeune dévergondée donne naissance un an plus tard à un animal à mi-chemin du cheval et de l'âne. On l'appelle bardot s'il est de sexe masculin et bardote s'il est de sexe féminin.

Le bardeau n'est pas un hybride très apprécié, et sa naissance procède plus des accidents de clôture de champ que de la volonté délibérée des éleveurs.

Il ne possède ni la force du cheval ni le caractère placide de l'âne, et ne sait pas très bien quelle est sa place sur la Terre.

Il hennit plus qu'il ne braie, et encore est-ce un cri pas très affirmé.
Vendredi 5 juin 2009

Je l’ai ; le verdict sabre mon existence, dans ces locaux de préfabriqué : séropositive. Le virus barbelé s’apprête à déchirer mon système immunitaire.

Et ces types qui m’ont baisée, le sourire à la lippe sur ce mot qu’ils dégustent, salope. Belle encore, je conserve des armes, ils paieront. Ils cherchent des sexes offerts, ils en auront. Des bas, ils s’excitent, sous une jupe remontée au haut des cuisses, ils étouffent, et les tétons qui creusent l’étoffe, un regard entendu, ils s’étranglent, les porcs. La bite à la main, gland violacé et burnes fripées, cette bête sans grâce, boudin bancal dans un taillis de poils secs, puisqu’ils jouissent de posséder, je serai leur objet. Qu’ils trempent en mon vagin, en mon cul, qu’ils se saoulent de m’abreuver de leur jus, je leur confierai une parcelle de moi, mon ami crochu leur plantera les griffes dans la graisse.

S’ils bandent pour la viande, je leur offre, avec mes compliments.

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Jeudi 4 juin 2009

Ils rampent jusqu’à la grotte par des boyaux souterrains, s’assoient devant la bougie — tous, ils fixent sa flamme.

Je demeure dans l’ombre, seule crisse la pointe de mon stylo sur le papier, tandis qu’ils racontent leur vie. Je ne saurai jamais leurs oublis ni leurs omissions. Ils s’enfoncent, sitôt leur récit achevé, dans le labyrinthe des tunnels. Ils s’arrêteront à leur moment, à leur place, pour mourir dans le noir, la solitude et le calme.

L’heure des rêves et des regrets est passée.

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