Je l’ai ; le verdict sabre mon existence, dans ces locaux de préfabriqué : séropositive. Le virus barbelé s’apprête à déchirer mon système immunitaire.
Et ces types qui m’ont baisée, le sourire à la lippe sur ce mot qu’ils dégustent, salope. Belle encore, je conserve des armes, ils paieront. Ils cherchent des sexes offerts, ils en auront. Des
bas, ils s’excitent, sous une jupe remontée au haut des cuisses, ils étouffent, et les tétons qui creusent l’étoffe, un regard entendu, ils s’étranglent, les porcs. La bite à la main, gland
violacé et burnes fripées, cette bête sans grâce, boudin bancal dans un taillis de poils secs, puisqu’ils jouissent de posséder, je serai leur objet. Qu’ils trempent en mon vagin, en mon cul,
qu’ils se saoulent de m’abreuver de leur jus, je leur confierai une parcelle de moi, mon ami crochu leur plantera les griffes dans la graisse.
S’ils bandent pour la viande, je leur offre, avec mes compliments.
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Ils rampent jusqu’à la grotte par des boyaux souterrains, s’assoient devant la bougie — tous, ils fixent sa flamme.
Je demeure dans l’ombre, seule crisse la pointe de mon stylo sur le papier, tandis qu’ils racontent leur vie. Je ne saurai jamais leurs oublis ni leurs omissions. Ils s’enfoncent, sitôt leur
récit achevé, dans le labyrinthe des tunnels. Ils s’arrêteront à leur moment, à leur place, pour mourir dans le noir, la solitude et le calme.
L’heure des rêves et des regrets est passée.
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