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  • : Jan Bardeau
  • chroniquesdubardeau
  • : Homme
  • : Bourgogne Dijon
  • : Poète médiocre, ami infidèle, fils et frère irrégulier, employé désinvolte et collègue hypocrite, Jan Bardeau a élu domicile au fond d'une bouteille, une bien bien belle bouteille.

Lorsqu'une ânesse se laisse séduire par un cheval, la jeune dévergondée donne naissance un an plus tard à un animal à mi-chemin du cheval et de l'âne. On l'appelle bardot s'il est de sexe masculin et bardote s'il est de sexe féminin.

Le bardeau n'est pas un hybride très apprécié, et sa naissance procède plus des accidents de clôture de champ que de la volonté délibérée des éleveurs.

Il ne possède ni la force du cheval ni le caractère placide de l'âne, et ne sait pas très bien quelle est sa place sur la Terre.

Il hennit plus qu'il ne braie, et encore est-ce un cri pas très affirmé.
Vendredi 12 juin 2009

Lika dansait, elle était belle et son teint foncé rehaussait le rose pâle de ses lèvres et l’incarnat de son sexe rasé. Lika dansait, chacune de ses postures était un mot et tous ces mots s’assemblaient en une formule d’ensorcellement. Lika dansait, et sa piste se hérissait de têtes d’hommes qui gémissaient et l’embrassaient tandis qu’elle les piétinait. Lika dansait, quand l’un de ces hommes soudainement la mordit, elle culbuta, et ces mâchoires avides, rendues furieuses, la déchiquetèrent, l’éparpillèrent.

Lika ne danse plus, Méli la remplace.

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Mercredi 10 juin 2009

Elle enlève son manteau devant le portail, se révèle épilée, les passants s’attardent, on discute déjà. Elle ne se soucie pas d’eux mais se concentre sur sa tâche, car il y a du danger. Elle s’approche du mur, le caresse du plat de la main, se colle à lui, chaud de soleil. Puis elle entame son ascension, ce corps menu aux muscles durs qui s’accroche à la moindre aspérité, roule sur lui-même, s’écartèle à la recherche d’une prise —  voilà ce qui lui plaît : la rugosité de la roche, l’effort et le risque de s’abattre. Elle s’élève et la sueur coule sur sa peau, les gouttes s’en dispersent dans l’air. La voici sur le toit de la tour, celle surmontée d’un globe doré, elle s’y hisse, se dresse au sommet de l’église, en bas, la ville, et les voix, mais ces voix, celles des badauds, celles des autorités, ne l’intéressent pas. Le vent, à cette hauteur, la décore de frissons et s’enroule autour d’elle, étoffe immatérielle ; elle sourit, elle est belle.

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