Lundi 6 juillet 2009
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C’est une branche, une branche souple et tordue, elle la balance de la main gauche, puis elle la lance. Au bout de quelques mètres, elle s’y empêtre dans cette branche, sa branche souple et
tordue, et elle s’écroule. Il faut l’attendre.
Elle se relève et elle balance de la main gauche cette branche, sa branche souple et tordue, puis elle la lance. Elle s’y empêtre, et elle s’écroule. Il faut l’attendre.
Marianne, relevée, balance cette branche, sa branche souple et tordue, qu’elle lance, où elle s’empêtre, et elle s’écroule. Il faut l’attendre.
« Marianne, tu n’avances pas, débarrasse-toi de cette branche, ta branche souple et tordue, tu t’y empêtres et tu t’écroules. Il faut t’attendre.
— Jan, j’aime cette branche, ma branche souple et tordue, j’y tiens à cette branche souple et tordue.
— Alors Marianne, je t’attendrai. »
Jeudi 18 juin 2009
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Qui dira la fin de ce couloir ? Dans la pénombre, ses murs enfilent interminablement leurs craquelures. On y marche entre deux frontières, les pierres du sol et le bois du plafond, on y
marche, on y marche, rien n’interrompt la progression que les restes de ceux qui nous y ont précédé, squelettes, chairs en décomposition qui deviennent des interlocuteurs, puis des amis, tandis
que l’on marche, que l’on marche, les poumons confits de poussière dans la fragrance des moisissures. Les pas se rajoutent les uns aux autres et les cadavres demeurent muets sur le secret de ce
couloir, l’ont-ils d’ailleurs jamais connu ?
Dans cet entre-deux du temps, sans jour ni nuit, le sommeil nous écroule à son heure. On se réveille courbaturé, on se relève, et on marche, on marche. La nourriture vient à manquer, puis l’eau,
les forces déclinent et l’on s’enfonce doucement dans le long murmure des morts. Enfin le repos, plus de marche.
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