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  • : Jan Bardeau
  • chroniquesdubardeau
  • : Homme
  • : Bourgogne Dijon
  • : Poète médiocre, ami infidèle, fils et frère irrégulier, employé désinvolte et collègue hypocrite, Jan Bardeau a élu domicile au fond d'une bouteille, une bien bien belle bouteille.

Lorsqu'une ânesse se laisse séduire par un cheval, la jeune dévergondée donne naissance un an plus tard à un animal à mi-chemin du cheval et de l'âne. On l'appelle bardot s'il est de sexe masculin et bardote s'il est de sexe féminin.

Le bardeau n'est pas un hybride très apprécié, et sa naissance procède plus des accidents de clôture de champ que de la volonté délibérée des éleveurs.

Il ne possède ni la force du cheval ni le caractère placide de l'âne, et ne sait pas très bien quelle est sa place sur la Terre.

Il hennit plus qu'il ne braie, et encore est-ce un cri pas très affirmé.
Lundi 6 juillet 2009 1 06 07 2009 15:25

C’est une branche, une branche souple et tordue, elle la balance de la main gauche, puis elle la lance. Au bout de quelques mètres, elle s’y empêtre dans cette branche, sa branche souple et tordue, et elle s’écroule. Il faut l’attendre.

Elle se relève et elle balance de la main gauche cette branche, sa branche souple et tordue, puis elle la lance. Elle s’y empêtre, et elle s’écroule. Il faut l’attendre.

Marianne, relevée, balance cette branche, sa branche souple et tordue, qu’elle lance, où elle s’empêtre, et elle s’écroule. Il faut l’attendre.

« Marianne, tu n’avances pas, débarrasse-toi de cette branche, ta branche souple et tordue, tu t’y empêtres et tu t’écroules. Il faut t’attendre.

— Jan, j’aime cette branche, ma branche souple et tordue, j’y tiens à cette branche souple et tordue.

— Alors Marianne, je t’attendrai. »

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Jeudi 18 juin 2009 4 18 06 2009 15:08

Qui dira la fin de ce couloir ? Dans la pénombre, ses murs enfilent interminablement leurs craquelures. On y marche entre deux frontières, les pierres du sol et le bois du plafond, on y marche, on y marche, rien n’interrompt la progression que les restes de ceux qui nous y ont précédé, squelettes, chairs en décomposition qui deviennent des interlocuteurs, puis des amis, tandis que l’on marche, que l’on marche, les poumons confits de poussière dans la fragrance des moisissures. Les pas se rajoutent les uns aux autres et les cadavres demeurent muets sur le secret de ce couloir, l’ont-ils d’ailleurs jamais connu ?

Dans cet entre-deux du temps, sans jour ni nuit, le sommeil nous écroule à son heure. On se réveille courbaturé, on se relève, et on marche, on marche. La nourriture vient à manquer, puis l’eau, les forces déclinent et l’on s’enfonce doucement dans le long murmure des morts. Enfin le repos, plus de marche.

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